Dès le début des années 90, Nicolas Nucci se passionne pour la House Music. C’est en mixant chez lui et en fréquentant les méga Clubs, Rave et Free Party qu’il découvre les multiples facettes du son électronique : garage, deep, progressive, techno, trance, hardteck … Fort de ces influences, ses premiers sets, au Calao (Bretagne), sont un succès, et la direction artistique de ce club lui est confiée (1997-2000). Il y affirme sa technique de mixage, fait danser des milliers de clubbers chaque week-end sur le Beat House undergroung New-yorkais, et y reçoit des dizaines de dj’s Star tel que Charles Shillings, Wild, Paul Johnson, Freddy … En 2001, Nicolas s’installe à Paris. Les soirées « Friday Party » révèlent son style novateur, punchy, progressive et trancy, mélange détonnant de sensibilités House et de rythmes Techno … Nicolas prend alors son envol avec la Méga After Party « UNDER », véritable électrochoc sur la scène du clubbing gay parisien. Ensuite, à Paris bien sûr, Under et Man Machine, Body Bumper et Rols au Queen, Pearl et Plaisir, Finally, Home Deluxe, Renaissance au Redlight. A Bruxelles pour Rapido, à Amsterdam pour Finally on Tour, à Montréal pour Circus et Parking… En 2005, il intègre la House Progressive dans la soirée « Progress » à la Scène Bastille à Paris.

Nous avons pu rencontrer ce dj aux multiples talents, doté d’une immense générosité, sans oublier son côté plein de charme, à la première des soirées « Naughty » le samedi 28 Janvier 2006.

Qui est Nicolas Nucci ? Parle-nous un peu de toi, de ta découverte de la musique…

Je suis breton, et j'ai toujours vécu en Bretagne. J'ai commencé à mixer dans un club en Bretagne qui s'appelait "Le Calao". A l'époque, c'était un très grand club assez avant-gardiste. En 1990 on y recevait déjà de grand dj's assez connu sur la scène française comme Manu Mala, Aquarium, Laurent Garnier. C'était un club très coté. J'ai commencé là bas en venant avec mes disques que j'achetais la semaine. Comme les gens aimaient ce que je faisais, cela m'a donné envie de m'accrocher. Puis c'est devenu une passion. Et la découverte de la musique est venue un peu toute seule, je sortais d'une période d'adolescence un peu triste, un peu tout seul, pas très sociable, pas beaucoup d'amis. J'allais en boite et je suis tombé amoureux de la musique. Je me rappelle, c'était à l'époque où il y avait « go » de Moby, Opus3, The Age of Love... cela m'a fait "tilt". J'ai trouvé une passion et j'ai commencé à acheter mes platines et des vinyles. En 1999-2000, je me suis installé à Paris avec ma soeur.

Quelles sont tes influences? Qu’est ce qui t a aidé à créer ton style ? Parce que tu as un style bien particulier ...

nicolas NucciOui je l'espère ... Je pense qu'il y a deux influences. Il y a l'influence "Club", parce que en fait j'ai découvert la musique dans les clubs et aussi l'influence "rave", car en Bretagne, j'allais aussi souvent traîner dans les "Free-Party", les "Raves-Party", les clubs "Hardcore". Je pense que si j'avais vécu ma jeunesse à Paris en allant que au "Queen", ou autre dans ce genre là, en ne baignant que dans un style de musique, sans doute cela aurait était différent. Mais là en fait, c'est venu un peu de partout. C'était au temps de la House "hyper garage vocal" dans le club " Le Calao". Et ensuite en partant en after dans des châteaux ou bien dans des Raves pour écouter Manu le malin ou Sasha.

Y a t’il des DJ’s ou des artistes qui t’ont motivés à faire ce métier là ?

Oui il y a Sasha, Digweed, Nick Warren, Dave Seaman ... Il y a aussi tous les dj's américain de la première moitié des années 90, tel que dj Pierre, Roger's, Angel Moraes. Au début c'était ces dj's qui me séduisaient, puis après je trouve qu'ils ont vendu leur âme au commercial, au fric. Alors que les anglais, même s'il y a du fric, sont resté plus proche des racines quand même. Tandis que les américains se sont beaucoup perdus dans n'importe quoi. Donc je dirais tous ces dj's new-yorkais dans un premier temps et sinon tous les producteurs anglais, européens, belges aussi, hollandais.

Tu as eu l’occasion de mixer à l'étranger, alors dis- moi, quel a été l’endroit le plus mémorable?

Nicolas NucciJe n'ai pas mixé tant que ça à l'étranger finalement, les dates se mettent en place, ça commence de plus en plus. L'endroit le plus mémorable peut-être que c'était à Montréal au Canada, parce qu'ils ne sont pas du tout habitués à ce son là. Parce que c'est plutôt le son des "Circuit-Party" américaines, la grosse house vocale, tapageuse. Et je me suis retrouvé un soir à mixer là-bas dans un club et en face, dans le stade olympique, il y avait que de grands dj's qui mixaient tel que Peter Rauhofer,... c'est sûr qu'à côté de cela, ma soirée n'a pas fait long feu, donc il y avait qu’une centaine de personnes qui était là, mais ces personnes ont super kiffé et sont restés jusqu'à la fin. Franchement, cela a été assez intense comme moment parce que je me suis dit qu'avec une autre musique, ils seraient partis. Mais avec ma musique, j'ai réussi à les garder.

Tu as été élu BEST Dj par PinkTV-LeSet en 2004 et 2005, qu'est-ce que cela t'a apporté?

Cela fait super plaisir ... c'était une superbe bonne intention et une certaine forme de reconnaissance. A partir du moment que l'on fait son métier avec passion et envie, cela est super gratifiant, même si à paris nous sommes plusieurs à mériter ce titre je pense comme Tommy Marcus…

Tu as sorti récemment une compilation House Progressive : "Music in Progress!", peux-tu nous en parler? Combien de temps as-tu travaillé sur cette compilation?

Music in PrgressLà c'est beaucoup de soucis puisque cette compilation a été annoncée beaucoup trop tôt. La personne qui s'en occupe est pleine de bonne volonté mais ça traîne, ça traîne. A l'heure actuelle, le cd est pressé, le cd attend. Pourtant les choses ont été bien faites mais il y a plein de soucis qui retardent la mise sur le marché de la compile. Je regrette que ça tarde mais en même temps ce qui est bien, c'est que sur le cd1 et cd2, il y a mes titres préférés. J'ai eu les autorisations pour tous les morceaux qui se trouvent sur la compile. C'est vraiment des morceaux que j'ai dans le coeur. Sur le cd1 ce sont des morceaux de 2004, le cd2 des morceaux de 2005. Ce n'est pas du tout un cd de nouveautés mais plutôt pour que les gens retrouvent chez eux des morceaux qu’ils ont entendus dans des soirées où j'ai joué et qui sont difficile à trouver. Ils n'ont pas forcément les titres, pas forcément les références et parfois ce sont des tirages ultra limités. Certains diront que c'est peut-être du réchauffé ou du rabâché, moi je pense que cela permet aux gens qui m'écoutent depuis 2-3 ans d'avoir chez eux en fait l'essentiel de ma musique.

Actuellement, tu es résident des soirées "UNDER" à Paris, Peux-tu nous en dire plus sur ces fabuleuses afterparty dont tout le monde parle?

C'est assez hallucinant car cela a permis de changer quelque chose à Paris. C'est une after qui a vraiment changé la donne parce que le clubbing avait vraiment du mal à évoluer. On était dans une période très happy, très vocal, la capitale bougeait bien mais je ne sais pas ce qu'il fait que "Under" est devenu la référence. Ma musique, c'est sûr, c'était nouveau. Jean Luc qui s'en occupe a vraiment été très visionnaire sur le coup. Et aussi l'endroit qui n'avait jamais été exploité pour des soirées gay ... et puis les dj's invités, l'équipe,… Enfin il y avait un ensemble de choix que Paris attendait je pense. Et moi je me suis rendu compte à chaque fois que j'allais chez des potes en after, on écoutait de la progressive, de la trance et en club on ne passait pas ça. Et "Under" a proposé ça à un moment donné et ca a marché.

Quels sont tes projets pour les semaines et les mois à venir ? Un nouvel album ? De nouveaux remix ?

Nicolas NucciParmi mes projets, il y a l’évolution de "Progress", la soirée que j'organise avec ma soeur à la "Scène" tous les dimanches à Paris. Faire revenir les dj's qui ont mixé au tout début à savoir David Judge, Paris’Topher... et faire découvrir de nouveaux dj's qui mixent peu à Paris et qui ont pourtant un super son et une super technique. Des Guests internationaux, des violonistes... la soirée cartonne. Et puis sinon il y a "Naugthy" ce soir et la "Greenkomm", la "Nightkomm" à Cologne pour le carnaval. Et puis aussi Montréal au Canada où je devrais y retourner. Le home studio est fin prêt .

Que nous as-tu préparé pour cette grande soirée d'ouverture de Naughty ?

Pour la musique, je dirais super progressive, trance avec de gros break, de grosses montées de piano. Bref du Nucci ...

Dernière question : Un Scoop pour notre site?

C'est sans doute une invitation à tous les clubbers qui aiment "Progress" à nous rejoindre sur une île en méditérrannée cet été mais chuuuuttt…